Traduction du reportage en français :

Enregistrement devant la porte de la maison refuge :

Un africain discute avec d’autres : « mettre des distances, on ne peut pas, tout est commun, tout : les poignées de portes, les chasses, les toilettes, un autre tousse, les toilettes, tous ensemble... »

Le journaliste commente : « j’entre dans cette maison de Saint-Josse-ten-Noode. Où il y a une centaine d’Africains sans papiers. Garder ses distances ici, essayez toujours. »

Un Africain anglophone :« Il y a 2- 3 toilettes, tu dois faire la file le matin : 7 à 10 personnes. Parfois je pleurerais quand j’y pense. C’est triste. »

On voit la télé, une journaliste parle du nettoyage des maisons...

Une Africaine francophone : « on a besoin de masques ici. Certains en ont un. Y a des gens qui nous en donnent... Mais pas beaucoup. Nous on a besoin de masques ici... »

Une autre femme : « nous ne sommes pas différents des prisonniers. Ca fait couler les larmes. Nous sommes comprimés et confinés. Imaginez un bâtiment comme ici, nous sommes plus de 100. »

Un Africain : « Regardez ici (il montre une chambre, un petit espace par terre entre deux lits) ceci est notre frigo. »

Le journaliste commente : « Problème : en ce moment il n’y a aucun moyen de gagner de l’argent. Pas d’occasion ni de possibilité de travail au noir. Certains ici (on voit une nettoyeuse) ont encore un misérable revenu... »

L’homme anglophone : « les veinards pouvaient travailler en noir, cela dépend... Imagine que tu travailles 10 à 11h et que tu reçoives 15 ou 10 euros, juste pour acheter à manger. La plupart de la nourriture ici provient d’organisations caritatives et de gentils voisins. »

Une femme nous montre une carotte à moitié pourrie : « je vous montre... normalement on devrait la jeter, mais nous sommes obligés de l’utiliser parce que nous n’avons pas de possibilité d’en posséder... Grand merci à ceux qui nous aident. »

Le journaliste commente : « La plupart ici viennent de Guinée, Sierra Leone et Libéria. Pays dans lesquels en 2014 apparut le virus Ebola. Ici personne ne sous-estime un virus... »

Un Africain : « Ici chacun a perdu des parents en Guinée, Sierra Leone ou Libéria. Moi j’ai perdu mes parents et mon oncle du virus Ebola. »

Un autre : « Ici c’est pire que Ebola. Comme je le comprends, à partir des infos télévisées, chaque jour des gens en meurent. C’est difficile, pour moi, c’est plus dangereux que Ebola. »

Le journaliste commente : « si quelqu’un est contaminé ici, il y en aura d’autres et sans papiers tu n’entres pas à l’hôpital. »

L’Africain anglophone : « quand tu tombes malade, tu peux téléphoner à un médecin et si possible, tu prends un rendez-vous et il te donnera peut-être du paracétamol. Mais s’enregistrer dans un hôpital est impossible, parce que nous sommes illégaux. Nous sommes morts et vivants (deux fois). Nous sommes les oubliés de la Belgique. »

Le journaliste commente : « il y a 2 semaines, l’un d’entre eux a quand même été emmené à l’hôpital avec les symptômes du Covid19. »

Un autre Africain : Actuellement il est à St Pierre. Mais personne n’est venu ici pour nous dire que « on a dépisté un positif ici. Alors on va voir comment créer plus d’espace pour vous séparer... ». Mais non il n’y a rien, rien du tout. Si c’était un groupe de Belges, ils prendraient des mesures. Il faut en finir, prendre des dispositions. Voir ce qu’on peut faire... Mais non, il n’y a rien (deux fois). Ca fait mal, mais on n’a pas le choix. On va continuer, on lâche rien..."


Le BESP félicite et remercie l’équipe de la VRT qui a pris des risques pour montrer la réalité au grand public, dans un contexte où la problématique des sans-papiers est aussi peu évoquée. Vraiment, merci pour votre empathie !

Merci à RM qui a assuré la traduction en français.